vendredi 18 septembre 2009

Vincentcoppey0909

 

 

Partir de Madame Bovary. Il y a quelque chose de grotesque à travailler sur l’agonie de Madame Bovary, trop de malheur dans une seule figure. Et puis le côté hyper classique français de la figure. Grave/amusant/grotesque. Bovary est-ce le monde qui agonise ? La médiocrité d’une petite société qu’il faut pourtant fréquenter ? Non, c’est plus petit que dire le monde comme totalité. Plutôt l’expression d’un gâchis et d’une perte. « Je suis Madame Bovary, la seconde épouse de Charles. Oui, déjà quelqu’un avant moi. Je voudrais qu’elle soit mon amie. Personne ne connaît la première épouse de Charles. »

 

Je me nourris et je prends connaissance de la parole rationnelle. Je m’intéresse à ce qui était là avant moi. Mais au théâtre je ne suis pas raisonnable. J’aime simplement cette expérience de répétition où l’irrationalité, la fantaisie poussée est donnée là pour des raisons qu’on aura jugé être de bonnes raisons. Comme expérience de pensée il y a le corps et tout le reste. La science cherche la vérité avec une difficulté incomparable. Mais pas avec le corps et la mise en jeu/je de toute la personne. Ca n’arrive pas partout.

 

Bovary, d’une manière ou d’une autre, agonise. Légèrement quelques fois, délicatement ; d’autres fois avec outrance. Elle reçoit des visites, le plus souvent des hommes. Des jouisseurs tout comme son agonie est une espèce de jouissance. Je voudrais dire l’ambiguïté dans laquelle, à notre plus grand étonnement, nous nous trouvons quelques fois engagés. Charles vient ; moi ; mon Moi, ce qui n’est pas tout à fait la même chose ; la première femme de Charles dont personne n’a jamais entendu parlé, la femme oubliée, morte née quasiment – sa conversation avec Emma est un événement pour toute la littérature, et c’est ce soir.

 

Comment faire si quelqu’un ne connaît absolument pas Madame Bovary de Flaubert ? Quelqu’un qui n’en aurait jamais entendu parler. Cette personne pourrait arriver et demander à Emma ce qu’elle fout là dans un spectacle de théâtre contemporain. Alors Emma lui explique qu’elle est très connue mais de moins en moins, qu’elle n’a pas à se justifier d’être là parce que lui ne la connaît pas, que cela peut s’arranger, qu’elle aime bien le théâtre aussi bien qu’elle s’y soit pas mal emmerdée et pas seulement au théâtre. Lui aussi dit qu’il s’est emmerdé alors qu’il ne savait pas qui elle était. Finalement ils sympathisent et il la trouve jolie et plus que cela.

 

« Je voudrais embrasser, je voudrais aimer, me frotter comme un animal contre celui qui est d’accord tellement d’accord de m’accueillir en me laissant devenir un animal. Jamais je me suis sentie ainsi civilisée, je veux dire humaine comme une personne qui ce frotte et qui baise au point de devenir un animal. Aidez-moi. »

 

Sentir le corps de l’autre. Ce besoin est plein de sens. S’en rendre compte lorsqu’il ne peut être assouvi.

 

Je ne veux pas prétendre exposer les raisons, après les avoir comprises, pour lesquelles la société, le monde en entier est détérioré, va mal, n’est pas dirigé pour améliorer la vie sur terre etc. Plutôt décrire, développer une petite narration du quotidien, exprimer l’outrance, exagérer, développer une image qui convoque les sens, les affects, s’engager de cette manière-là : « je pense que telle image dit cet état de fait que j’ai envie de monter comme une mauvaise chose ». Je préfère au théâtre.

 

Il y a d’un côté formuler un refus, une objection du fait de l’émotion provoquée par la détérioration de nos conditions de vie quotidienne afin au moins de se décharger en prenant position, voir espérer une prise de conscience ; et de l’autre côté, le monde comme un état de fait inchangeable, hors de notre volonté ou que faire une science éthique serait  « comme une tasse à thé qui ne contiendra jamais d’eau que la valeur d’une tasse, quand bien même j’y verserais un litre d’eau ».

 

A la question que tout le monde se pose la plupart du temps : ce qu’il faut faire/le mieux/ce que nous devons faire/ce que nous pensons être le mieux. S’il faut parler du monde comme il va mal,  je mets à côté de mes objections La conférence sur l’éthique. Qu’est-ce que je peux faire de ça ? Ecrire un livre qui soit un livre d’éthique est impossible. Est-ce que Wittgenstein veut dire qu’il n’y a pas d’éthique ? Non, Mais qu’elle ne peut formuler ce qu’on appelle une proposition éthique qui ferait une science :

« Par exemple, si nous lisons dans notre livre du monde la description d’un meurtre, avec tous ses détails physiques et psychologiques, la pure description de ces faits ne contiendra rien que nous puissions appeler une proposition éthique. Le meurtre sera exactement au même niveau que n’importe quel autre événement, par exemple la chute d’une pierre. Assurément, la lecture de cette description pourrait provoquer en nous de la douleur, la colère ou tout autre émotion, ou nous pourrions lire quelle a été la douleur ou la colère que ce meurtre a suscitée chez les gens qui en ont eu connaissance, mais il a aura là seulement des faits, - des faits mais non de l’éthique. Aussi me faut-il dire que si je m’arrête à considérer ce que l’éthique devrait être réellement, à supposer qu’une telle science existe, le résultat me semble tout à fait évident. Il me semble évident que rien de ce que nous pourrions jamais penser ou dire ne pourrait être cette chose, l’éthique ; que nous ne pouvons pas écrire un livre scientifique qui traiterait d’un sujet intrinsèquement sublime et d’un niveau supérieur à tout autres sujets. Je ne puis décrire mon sentiment à ce propos que par cette métaphore : si un homme pouvait écrire un livre sur l’éthique qui fut réellement un livre sur l’éthique, ce livre, comme une explosion, anéantirait tous les autres livres de ce monde. Nos mots, tels que nous les employons en science, sont des vaisseaux qui ne sont capables que de transmettre signification et sens naturels. L’éthique, si elle existe, est surnaturelle, alors que nos mots ne veulent exprimer que des faits ; comme une tasse à thé qui ne contiendra jamais d’eau que la valeur d’une tasse, quand bien même j’y verserais un litre d’eau. »

 

Nous n’avons pas l’ambition d’écrire un livre d’éthique, alors qu’est-ce qu’on peut faire avec le désir né de dire quelque chose sur ce qui serait mieux ?

 

Dominique de Rivaz qui décide de parcourir à pied les 150 km de l’ancien mur de Berlin afin de générer de l’écriture et de l’image, je trouve ça bien. De la marche à l’écriture, une vieille formule. Occuper avec le corps ce qui a disparu, dont on a seulement entendu parler, à l’intérieur de quoi on ne se trouvait pas. Néanmoins un espace qu’on veut occuper, qu’il faut occuper pour être concerné. Avec la marche, un espace politique sera perceptible dans les images qui sortiront de l’expérience. Cette manière descriptive de se sentir concerné, je l’approuve pour ces raisons. Je voudrais parcourir la figure de Bovary de cette manière. La marche donnera quelque chose qu’on en peut connaître avant. Peut-être un homme qui marche pour se sentir concerné. Cette image est un cliché socialiste, à mon plus grand regret.

 

Le mur est un événement collectif, tout comme Madame Bovary, non ? Partir d’une référence collective – ce qui semble être une évidence. Peut-être dois-je choisir une figure plus contemporaine ? Elisabeth Kopp vient voir Emma. Elles se font des confidences, elles s’embrassent, font l’amour. Ce qu’elles n’ont pas fait pour un homme !

 

 

 

 

jeudi 17 septembre 2009

anna, tu es chou. Il n'y a toujours qu'un R à Piera.

mercredi 16 septembre 2009

Hello, me voilà Blogé. Une première pour moi. Je connais pas vraiment...

Confiture hier,confiture demain,mais jamais confiture aujourd'hui?

En continuité avec mes lectures de Colère et temps et de Camille de tolédo,je voudrai tenter de répondre à cette question,en espérant que la réponse sera positive,Le concept de liberté existe-t-il?

Il ne s'agit pas d'argumenter sur la notion de liberté,mais bien d'être libre sur scène,si possible.

Solterdijk et Toledo,ainsi que beaucoup d'autres ont montré que toutes les idéologies si subversives qu'elles soient,sont forcément récupérées par le systême,à partir du moment ou celui-ci les a identifié.Ainsi le monde chaviré parvient-il toujours a se redresser,la Révolution est toujours suivie d'une réaction,comme nous le montre l'hisoire.Le concepte de liberté me semble dés lors inenvisagable comme quelque chose de continu et durable,mais plutot comme feu follet,à imaginer en pointillé.

Je voudrais arriver à rendre vivant deux concepts qui amon sens représentent le mieux ma définition du libre.

1 L'ESPRIT DE LA TERRE

Dans l'époir de saisir la nature infinie Faust invoque l'esprit de la Terre.A mesure que celui-ci se rapproche,Faust voit ces forces grandir,tandis qu'il lui semble que son coeur se donnera à l'Esprit tout entier.Mais lorsque celui-ci apparaît,il ne peut supporter sa vue.L'eprit est Eternel Océan/Activité changeante/Vie ardente.Il est ce mystère tant désiré qui échappe au moment ou l'on croit le tenir.

2 LA TAZ

"Le déclin des systèmes politique générera une profilération décentralisée de modes de vie expérimentaux"Hakim Bey

Hakim Bey,leplus grand piratologue mondiale et militant d'extreme gauche s'inspire de l'organisation des pirates pour inventer des nouvelles possibilités de s'extraire d'un systême.Concept de TAZ: Zone d'autonomie temporaire.

"Nous qui vivons dans le présent,sommes nous condamnée à ne jamais vivre l'autonomie,à ne jamais être,pour un moment sur une parcelle de terre qui ai pour seule loi la liberté?Le slogan Révolution! est devenu un cauchemar que nous avons beau combattre nous n'échappons jamais à cet état incube qui fait que chaque nouveau paradis est finalement administré par un nouvel ange de l'enfer"

Fort de ce constat,il,propose le soulèvement est TEMPORAIRE dans ce sens,le soulèvement est comme une expétience maximale,en opposition avec le standard de l'experience ordinaire,le soulevement comme les FESTIVALS,ne peuvent être quotidiens,sans quoi ils ne seraient pas non ordinaires.

TAZ;une insurrection sans engagement direct contre l'état,une opération de guérilla qui libère une zone(de terrain,de temps,d'imagination),puis se dissout pour se reformer ailleurs dans le temps et dans l'espace.
Sa plus grande force est son invisiblité.INDEFINISSABLE dans les termes du spectacle(comme l'esprit de la terre) : Frappez et fuyez!

Un groupe d'humains mettent en comun leurs efforts,UNION DES EGOISTES.

Stephen Andrews proposa,comme image de la société anarchiste,le diner;ou toute structure d'autorité se dissout dans la convivialité et la célébration.Ceux qui participent à l'insurrection notent systématiquement son caractère festif.

SE BATTRE POUR LE DROIT DE LA FETE n'est pas une parodie de lutte radicale,mais une manifestation de celle-ci,en accord avec une époque qui offre la télé et les téléphones comme moyen de tendre la main et de toucher d'aurtre êtres humains.

On remarque que toutes ses conceptions demandent non seulement beaucoup d'autonomie,mais aussi beaucoup de rapport avec les autres.comme tout le monde est dans des thêmes en rupture,je me demande ce que ça peut donner!Intresting


LEATICIA

lundi 14 septembre 2009

lecture pour tous(propsition de Colin)

Comité invisible
L'insurrection qui vient
Chaque secteur spécialisé de la connaissance fait à sa manière le constat d'un désastre. Les psychologues attestent d'inquiétants phénomènes de dissolution de la personnalité, d'une généralisation de la dépression qui se double, par points, de passages à l'acte fou. Les sociologues nous disent la crise de tous les rapports sociaux, l'implosion-recomposition des familles et de tous les liens traditionnels, la diffusion d'une vague de cynisme de masse ; à tel point que l'on trouve dorénavant des sociologues pour mettre en doute l'existence même d'une quelconque «société». Il y a une branche de la science économique - l'«économie non autistique» - qui s'attache à montrer la nullité de tous les axiomes de la prétendue «science économique». Et il est inutile de renvoyer aux données recueillies par l'écologie pour dresser le constat de la catastrophe naturelle.

Appréhendé ainsi, par spécialité, le désastre se mue en autant de «problèmes» susceptibles d'une «solution» ou, à défaut, d'une «gestion». Et le monde peut continuer sa tranquille course au gouffre.

Le Comité invisible croit au contraire que tous les remous qui agitent la surface du présent émanent d'un craquement tectonique dans les couches les plus profondes de la civilisation. Ce n'est pas une société qui est en crise, c'est une figure du monde qui passe. Les accents de fascisme désespéré qui empuantissent l'époque, l'incendie national de novembre 2005, la rare détermination du mouvement contre le CPE, tout cela est témoin d'une extrême tension dans la situation. Tension dont la formule est la suivante : nous percevons intuitivement l'étendue de la catastrophe, mais nous manquons de tout moyen pour lui faire face.
L'insurrection qui vient tâche d'arracher à chaque spécialité le contenu de vérité qu'elle retient, en procédant par cercles. Il y a sept cercles, bien entendu, qui vont s'élargissant. Le soi, les rapports sociaux, le travail, l'économie, l'urbain, l'environnement, et la civilisation, enfin. Arracher de tels contenus de vérité, cela veut dire le plus souvent : renverser les évidences de l'époque. Au terme de ces sept cercles, il apparaît que, dans chacun de ces domaines, la police est la seule issue au sein de l'ordre existant. Et l'enjeu des prochaines présidentielles se ramène à la question de savoir qui aura le privilège d'exercer la terreur ; tant politique et police sont désormais synonymes.

L'insurrection qui vient nous sort de trente ans où l'on n'aura cessé de rabâcher que «l'on ne peut pas savoir de quoi la révolution sera faite, on ne peut rien prévoir». De la même façon que Blanqui a pu livrer les plans de ce qu'est une barricade efficace avant la Commune, nous pouvons déterminer quelles voies sont praticables hors de l'enfer existant, et lesquelles ne le sont pas. Une certaine attention aux aspects techniques du cheminement insurrectionnel n'est donc pas absente de cette partie. Tout ce que l'on peut en dire ici, c'est qu'elle tourne autour de l'appropriation locale du pouvoir par le peuple, du blocage physique de l'économie et de l'anéantissement des forces de police.




Comité invisible
Le Comité invisible est une tendance de la subversion présente.
Sortie 22 mars 2007
128 pages - 7 euros
ISBN2-913372-62-7
Diffusion - Distribution
Mas de Vert, Petit route de Saint-Gilles
BP150 13631 Arles cedex
Comptoir parisien :
13, place André-Masson 75013 Paris / Tél : 01 53 80 02 23
Commandes libraires

thématique de Roberto G

Les réflexions de François Cusset ont particulièrement retenu mon attention. Si
je m'en souviens bien c'est surtout cette idée que la "crise" est une crise du
langage et que l'utilisation de ce terme dans un moment tel est, selon lui, une
fois de
plus un signe de l'abrutissement généralisé qui s'est emparé du monde depuis
mai 68. Je pense d'ailleurs que de lire son ouvrage intitulé "contre-discours
de mai" pourrait être une piste que je suivrais volontier.
Tout ceci à la lumière du prométhée moderne décrit par Mary Shelley dans son
Frankenstein, si on lit sous l'angle qui prétendrait mettre en analogie la
créature du Dr Frankenstein avec le Théâtre.
Avec le concept de "société" naît le concept du "théâtre" et avec le concept de
"langage", et avec l'idée de "babélisation du monde" et puis finalement le
concept de "monstre destructeur".

Arretons nous un instant autour de ce concept de "Théatre/ père de la société/
Langage/ Média" qui
deviens "Monstre/ Machine à abrutir/ Créature du Dr Frankenstein" et utilisons
formellement un
langage en
rapport avec l'économie en essayant d'AGIR sur le public, de la même manière que
la publicité ou la télévision (et aussi par extension toute forme de média axé
autour du stimulus) AGIT sur le spectateur et on obtiens ce qui m'intéresserais
d'explorer dans ce spectacle.

A ce sujet il y a un livre qui s'appelle "Traité de violence" de W.Sofski, ou il
y a tout un chapitre qui parle des spectateurs. Le style est très sec. c'est
très factuel, un peu sadien, je peux tout à fait m'imaginer dire ces mots sur
scène.

Contribution de Anne-Shlomit 04.06.2009

Anna,

J'ai bien reçu ton message et voilà ce que je peux proposer à cette heure.
Roberto m'a dit que tu lui avais soufflé l'idée du judaïsme et je trouve cela plutôt marrant de voir que cet état de "juifité" titille et interroge mon entourage. Car quelques jours après cette suggestion lancée l'air de rien à Roberto, mon amie Anne-Julie que tu as rencontrée aux Bains à Vals m'a soumis un article sur la question du sionsime. Il s'agit d'un article écrit par le président de la communauté juive de Marseille, Pierre STANBOUL qui critique fortement le mouvement sioniste. Elle voulait savoir ce que j'en pensais sachant très bien que mon grand-père faisait partie de ce mouvement en Allemagne. Pays qu'il a fuit en 33 pour se réfugier en Israël. Je me dis donc que c'est peut-être un signe; celui de m'interroger sur la question plus profondément que ce que j'ai fait jusqu'ici.

Outre mon histoire personnelle, je désirerais m'appuyer sur un ouvrage intitulé: PORTRAITS JUIFS de Herlinde Koelbl, il s'agit de témoignages sous forme d'interview de ceux qui ont survécu en fuyant l'Allemagne pour faire leur vie ailleurs. C'est un gros livre de 400 pages édité chez ARCHE. Je te scanne donc juste la post-face pour te faire une idée et peut-être que quand je me serai attaché plus précisément à certains destins, je t'enverrai plus spécifiquement les textes. Bien que je pense que le livre vaut vraiment la peine d'être lu.

A ce jour, je ne sais pas qu'est-ce que j'ai réellement envie de dire ou surtout comment j'ai envie de raconter "cette juifité". Est-ce que c'est du sionisme plus largement que je désire m'interroger? J'imagine à priori que le sionisme comme idéologie cadrerait plus facilement avec la thématique du projet.
En tout les cas, voilà ce que je peux dire aujourd'hui, j'espère que ce n'est pas trop vague?
En pièce jointe tu trouveras donc cette post-face qui résume l'ouvrage mentionné ci-dessus et je te donne le site où tu peux lire l' article donné par cette copine:
http:socio13.wordpress.com/2009/01/16 titre de l'article: POURQUOI Y- A -T -IL LA GUERRE A GAZA? A CAUSE DU SIONISME: introduction au débat sur cette idéologie.

Contribution de Marc du 18.06.2009

Question. la révolution est elle une notion qui vous intéresse?

Les révolutions éclatent quand les disositions d'esprit
habituelles ont changé.
Il faudrait qu'il y ait une réelle volonté de saper la
tyrannie des multinationales. Que cette volonté perdure et gagne en
ampleur. Que les gens veuillent vraiment revenir au niveau de
conscience du dix neuvième siècle. A cette époque, le peuple pensait que
les ouvriers devraient posséder leurs moyens de production, que le
travail salarié était une forme d'esclavage.
C'est aussi ce que pensait le parti républicain vers le milieu
du 19ième siècle aux USA. Il a fallu d'intenses campagne de propagande
pour que les gens se débarrasnt de ces idées.
Mais supposez qu'elles reviennent, et qu'un réel courant de la
population se mobilise pour re-démocratiser la société, l'économie, les relations
sociales, et contester ce pouvoir qui estime n' avoir de compte à rendre
à personne. Supposez que le mouvement s'amplifie et que les puissants se
sentent obligés de resister par la violence. Alors vous emtrez dans une
situation révolutionnaire.

Question: Vous définissez vous toujours comme un anarchiste ?

L'anarchie recouvre beaucoup de choses différentes. Mais il y
a un courant au sein de l'anarchie qui est l'héritage direct du
libéralisme classique, qui s'efforce de défendre la liberté et la
démocratie contre le capitalisme. Ces courants anarchistes s'efforcent
de proposer des formes d'organisation susceptibles d'aider les
gens à multiplier les fruits de la liberté.
Les anarchistes ont toujours été attachés à un principe
fondamental : toute forme d'autorité, de hiérarchie, doit être remise en
question et doit prouvé son bien-fondé. IL n'y a pas
d'auto-justification qui tienne. Cela vaut aussi bien pour les relations
entre les parents et les enfants, les hommes et les femmes,
dans le monde du travail ou entre les états. IL faut repérer toutes eles
formes d'autorité et les sommer de se justifier.
Certaines ont un bien-fondé. Ainsi, les relations entre une
mère et son enfant sont de nature autoritaire. Mais toute forme
d'autorité qui ne peut prouver son bien-fondé est illégitime, et on
est en droit de la renverser. C'est vrai à tous les niveaux, des
relations individuelles aux relations internationales. A mon
avis tel est l'apport essentiel de la pensée anarchiste. IL vient tout
droit des luttes populaires, des Lumières.


Voilà je t'appelle lundi, on essaie de se boire un café la semaine
prochaine à plus bisoux Marc

lient de Pierra Gros Bras

http://www.youtube.com/watch?v=RE3TZ_0oHxk

Dernier spectacle de Jan Fabre

roductions / Théâtrographie

Orgie de la tolérance

création janvier 2009

>> texts & lyrics

Dans Orgy of Tolerance, Jan Fabre plonge dans le trou du cul du monde. Tel un spéléologue, il descend toujours plus profondément dans les entrailles de l'existence et observe ce qui y gronde, ce qui y fermente. Sa bouche sur le nombril, attendant un écho, il tente d'appréhender l'ampleur de ce trou. Il en ressort que le trou du cul du monde est insondable. D'une profondeur qui s'écrit avec une infinité de zéros, incommensurable même avec tous les gigaoctets qui existent.
Le capitalisme tardif actuel, avec son accumulation de zéros, forme l'épicentre de ce corps vide. Ce corps est malade, mourant. Le pus suinte, le ventre se vide sous l'effet d'une diarrhée aiguë, la peau est un paysage de pustules et d'ulcères. Il est relié à une sonde, il respire artificiellement, mais continue cependant à s'empiffrer ; à chaque bouchée une nouvelle bactérie, à chaque gorgée un nouveau virus. Le capitalisme tardif souffre de malnutrition, en permanence dans l'extase de la boulimie et de l'anorexie, il est mû par l'excès et le manque, il grossit et maigrit en même temps. Et ce paradoxe continu d'étirement et de rétrécissement rend les muscles flasques et fait grandir le trou dans le ventre.
L'alimentation du capitalisme tardif, la crise actuelle nous l'apprend, est le crédit. Les crédits se font avec de l'argent avec beaucoup de zéros. Ces nombres infinis, en constant va-et-vient, n'ont en réalité aucune forme, aucun poids, aucune odeur. Ils sont purement virtuels. Ils constituent un acte de foi et de confiance d'une banque envers l'autre, d'un assureur envers l'autre, et forment un réseau infini qui recouvre le monde entier. Nous avons longtemps pensé que le fondement de la banque était le coffre, rempli de métaux nobles. Nous savons aujourd'hui que ce coffre est rempli de prêts, de transactions sur papier avec des garanties sans valeur parce qu'elles sont basées sur d'autres prêts et sur des assurances solde restant dû, le tout dans une suite infinie de zéros. La bouche de la banque est le crédit. Le cul de la banque est le néant. Entre la bouche et le cul se trouve le consommateur, qui doit dépenser le plus possible, de préférence avec de nombreux zéros à la fois.
L'orgie du titre se rapporte à l'extase de la consommation. Le statut de l'être humain dans cette société libérale capitaliste tardive est en effet en premier lieu celui de consommateur. Lui qui, armé de la confiance d'une carte de crédit sur laquelle la banque a apposé son sceau, consomme. Le consommateur doit maintenir à niveau le cul de l'économie en respectant continuellement son rôle d'utilisateur de la manière la plus convaincante qui soit. Notre empreinte économique maintient le système en place. Plus nous consommons, plus grande est cette empreinte, plus solide est le système. Notre comportement d'acheteur est presque instinctif, c'est ce que nous montre Fabre dans cette création. En réalité, nous n'achetons pas des produits, nous les utilisons avant tout comme si nous étions conviés à un festin interminable, comme si nous étions sous l'emprise d'un mécanisme de digestion dont les tubes digestifs sont la production, les marchandises et la consommation. Nous mangeons des marchandises, nous chions des marchandises, nous enfantons des marchandises. Celui qui n'arrive pas à se sortir de la foire d'empoigne de l'économie est exclu, mis sur une voie de garage, vomi. Celui qui est encore un tant soit peu solvable doit prouver sa dignité en investissant dans des marchandises toujours plus récentes. Les générations sont des produits qui se relaient. Elles sont nées pour nous séduire. Leur sourire aguicheur doit nous faire oublier qu'elles portent des cagoules. Car elles constituent la plus grande organisation terroriste de ce monde.
Dans Orgy of Tolerance, l'être humain est représenté comme un animal acheteur. Son instinct de survie est contrôlé par son comportement d'acheteur. Ce spectacle illustre ce qu'Herbert Marcuse montrait déjà dans les années soixante dans son analyse du capitalisme, c'est-à-dire que celui-ci s'est niché dans nos gènes sous la forme d'un mécanisme de plaisir. Toute l'anarchie potentielle de notre instinct ménager est canalisée vers l'utilisation de marchandises. Le principe de plaisir est entièrement accaparé par la consommation de produits en tous genres. L'économie nous maintient humides et raides grâce au désir de marchandises dans lequel nous jouissons avec avidité. Yes, we come ! Nous nous identifions aux emballages prometteurs dans lesquels nous ramenons à la maison nos marchandises, les sacs aux noms agréables comme Vuitton, Yamamoto, Versace. Yes, we come ! Nous nous identifions aux chariots des magasins avec lesquels nous amassons nos marchandises, louvoyant avec adresse de rayon en rayon, jusqu'au dernier rayon. Yes, we come ! Nous nous identifions aux marchandises que nous avons nous-mêmes fabriquées et avec lesquelles nous concrétisons les rêves de notre propre théâtre domestique. Yes, we come !

Théâtre domestique

Nous préférons vivre notre propre théâtre domestique depuis notre sofa. Le sofa est en soi un endroit remarquable. Nous aimons rentrer à la maison, nous y déposer délicatement et nous mettre à notre aise pour un moment de bonheur intime. Mais c'est aussi l'endroit d'où nous appréhendons le monde via la télévision et d'autres médias, l'endroit d'où nous zappons ensemble le monde. L'enveloppe la plus calme et la plus intime est en même temps l'endroit ou pénètre la violence et la barbarie. La nouvelle création mise énormément sur ce grand écart que représente le sofa. Sur le sofa de Fabre, on se branle et on se touche dans une agréable luxure. Le sofa devient un prolongement de la libido, on peut le chevaucher entièrement, se frotter contre lui, jouir dessus ou dessous. Le sofa devient le confesseur de vos secrets les plus intimes, il reçoit tous vos rêves et vos fantasmes les plus perfides. Il est le support de toutes vos débauches, vécues de manière purement virtuelle bien entendu, dans les coins les plus sombres de votre propre théâtre domestique. Car sur le sofa, vous êtes en sécurité. Seul et donc en sécurité. Lorsque toute inhibition s'effondre, nous pouvons être entiers sur le sofa, et laisser libre cours à notre xénophobie. Le monde qui nous parvient est en effet étrange et menaçant, chaque intrusion est une attaque potentielle envers notre sentiment de sécurité chéri et notre narcissisme coutumier. Nous aimons notre sofa et le reste du monde peut aller se faire voir ! Les Arabes, les Juifs, les Serbes, les bisexuels, les prêtres catholiques, les suicidaires, les artistes contemporains, les couturiers, les danseurs et les artistes, et même Jan Fabre : allez tous vous faire foutre !

Orgy of Tolerance montre l'illusion de ce bonheur ressenti sur le sofa. Ce sofa est en effet semblable au coffre de la banque : vide. Ou comme la croix de l'église : vide. Ou comme le ciel : vide. Les personnages faisant ici partie du service sont fondamentalement seuls. Ils sont livrés à eux-mêmes, imbus d'eux-mêmes, leur champ de vision se résume à une fente, un trou ou un godemiché auquel ils se cramponnent le temps d'un orgasme. Leur bien-être se mesure à leurs performances. Leurs corps tremblent, vibrent, se heurtent. Se branler et se toucher dégénère en discipline olympique. Ils vont jouir, ils doivent jouir. Lorsque la chanson Come Together des Beatles, de 1969, retentit dans les haut-parleurs, une nouvelle illusion s'est envolée. Les protagonistes de cette orgie de la tolérance ne sont plus que des branleurs douloureusement seuls dans leur propre petite pièce de théâtre du monde.

Orgy of Tolerance laisse entrevoir la ruine de l'espèce humaine, y compris la vôtre et la mienne. Des tableaux de la bataille quotidienne de la consommation sont recréés sur scène, souvent de manière grotesque ; la guerre et le terrorisme de la corporation des consommateurs. Avec des touches parfois surréalistes, Fabre peint un portrait de l'humain consommateur. Mais sous cette lourde coquille burlesque se cache une menace permanente, un sentiment d'insécurité et de danger qui s'exprime aussi parfaitement dans la musique de Dag Taeldeman. Il s'agit de la relation entre le désarroi et l'hallucination, d'être entraîné par ce qui est à la fois repoussant et attirant. C'est précisément là que se situe le cœur de la perversion, le centre du trou du cul du monde. Le spectacle entraîne le spectateur sur une trajectoire fixe autour de ce noyau. Il piétine votre propre jugement moral et vous piège dans vos propres perversions. Personne n'en ressort libre. Personne n'est immaculé. Sur le sofa, nous sommes en proie à notre propre orgie de la tolérance.
À sa manière, Jan Fabre donne libre cours à son manque de compréhension. Avec ses musiciens, danseurs et acteurs, il brosse le panorama de la tolérance et en fait une caricature, un pamphlet contre notre XXIe siècle tout frais éclos. Le couteau avec lequel il attaque l'orgie de la tolérance doit à la fois étriper et titiller. Les prédécesseurs les plus connus de ce genre de comique corrosif sont les Monty Python. Leurs sketches hilarants et absurdes retournent le poignard dans nos plaies. Ils mettent à jour les mécanismes de nos délirantes idées collectives et les démantèlent avec beaucoup d'humour.

Orgy of Tolerance
est un sketch stratifié sur notre société nivelée. Un clin d'œil ubuesque à ce monde de la licence effrénée. Un coup d'épingle dans la baudruche envahissante de la normalité. Un complot surréaliste contre ce monde éhonté. C'est une orgie accessible à tous. Ou, en clin d'œil à Brecht : Erst das ficken, dann die Moral.

Yes we come !


(Luk Van den Dries)